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Femme Gendarme maitre-chien

Stéphanie Prével est l'une des rares femmes maître de chien. Avec Barouf, elle forme un duo tout en flair et en finesse.

Portrait.

1980. Naissance près de Cherbourg.

2000. Première affectation à la brigade de Villers-sur-Mer.

2008. Devient maître-chiens.

« J'ai toujours adoré les chiens. À la maison, nous en avions beaucoup. » Lorsqu'elle sort de l'école de gendarmerie de Montluçon, Stéphanie Prével sait qu'elle pourra allier la passion de son métier avec celle des animaux. Auparavant, la jeune femme souhaite « acquérir de l'expérience, faire du terrain au sein d'une brigade ». Et, afin de « procéder à des interpellations, des perquisitions, effectuer davantage de procédures », elle obtient rapidement son diplôme d'OPJ (officier de police judiciaire).

Après Villers-sur-Mer, Stéphanie Prével est mutée à la brigade territoriale de Gavray dans la Manche. Et c'est là qu'elle apprend son admission au Centre national d'instruction cynophile de la Gendarmerie.

En juillet, elle revient dans le Calvados, au Psig (Peloton de surveillance et d'intervention) de Falaise. Entre-temps, elle est devenue maître-chiens. Une fonction majoritairement occupée par les hommes, puisque, sur environ 600 maîtres en France, « nous sommes seulement seize femmes ».

Son binôme est un berger allemand du nom de Barouf. Aujourd'hui âgé de 4 ans, il est spécialisé dans la défense et la recherche de pistes et de personnes (disparues, malfaiteurs, etc.). La jeune femme, qui obtient le grade de maréchal des logis chef, en avril 2009, est la seule qui est habilitée à le faire travailler. Ils possèdent, tous deux, un emploi du temps chargé : entraînement, surveillance et, bien sûr, intervention d'urgence. Si Barouf, qui loge dans le chenil de la gendarmerie, n'est pas un animal de compagnie, une véritable complicité le lie à son maître. « Je le sors quatre à cinq fois par jour », précise le chef Stéphanie Prével qui n'a cependant pas le droit de l'emmener chez elle... En tout cas pendant encore quatre ou cinq ans. Ensuite, le chien sera à la retraite et la gendarme pourra décider, ou non, de l'adopter. « Après tant d'années à travailler ensemble, en général, on n'hésite pas longtemps... »

Maître-chien (ou maître de chien) titulaire au peloton de surveillance et d'intervention de la compagnie de gendarmerie de Falaise, Stéphanie Prevel forme depuis deux ans un duo d'exception avec son berger allemand Barouf spécialisé dans la « piste-défense ». Un métier peu connu de cette Institution, la Gendarmerie nationale, où les femmes représentent 15% de l'effectif total et, pour le moment, 3% seulement des sous-officiers maîtres de chien.

Le goût de l'uniforme

La  jeune femme de 30 ans exerce déjà depuis 11 ans dans la Gendarmerie. Un rêve de petite fille ? Un papa déjà dans le métier ? Même pas ! Pendant longtemps, la jeune fille est restée sans envie particulière, formulant parfois sans grande conviction des voeux « classiques ». Ayant le goût de l'uniforme et de la mobilité, Stéphanie décide l'année de son bac scientifique de devenir militaire dans l'armée de terre au grand dam de sa grand-mère qui désapprouve ce choix risqué. Une amie bachelière la met sur une autre piste grâce à laquelle l'envie de l'uniforme sera satisfaite, la mamie soulagée et surtout la vocation de la jeune femme amorcée. Et c'est l'entrée dans la Gendarmerie par la porte royale de l'école de Montluçon après les tests d'entrée en usage.

La passion des animaux

La palette des métiers dans la Gendarmerie est très variée. Après 8 ans de bons et loyaux services à la brigade de Villers sur Mer (Calvados), la gendarme titulaire opte pour une formation de maître-chien, choix qu'elle ne regrette aucunement : « J'ai plus que ce que je souhaitais ! J'ai trouvé ma voie, je fais ce que je voulais faire ». Devenir maître de chien, c'est former au quotidien une équipe opérationnelle avec un être attachant qui, soit dit en passant, est tenu de suivre une formation pendant 3 mois et demi afin d'être apte à partir sur tous les fronts avec son maître ! La passion des animaux est de mise !

Une équipe de choc

Stéphanie et son sympathique coéquipier travaillent le plus souvent la nuit et sont confrontés à deux types d'intervention : celles relevant de la police judiciaire (recherche de malfaiteurs, interpellations, prêt de main forte aux enquêteurs) et celles du ressort de la police administrative (mission de recherche de personnes, intervention sur des rixes et sur des rassemblements de personnes : matchs, rave-parties, fêtes foraines, etc...). Malheureusement, les condamnations ne suivent pas toujours les interpellations...

Ce sera plus difficile une fois maman

La spécialité de maître-chien n'a rien de ludique. Il faut être constamment disponible comme lors de ces semaines de permanence où Stéphanie est d'astreinte 24h/24, 7 j/7 pour l'ensemble de la région et parfois même au-delà. Cette disponibilité peut être un frein pour mener à bien sa vie privée. Selon Stéphanie, ce sera plus difficile une fois maman. Des choix seront sans doute nécessaires. Elle pense alors intégrer un groupe d'investigations cynophile qui rassemble plusieurs maîtres de chien au niveau d'un département ou revenir en unité comme officier de police judiciaire. Cette compétence, qu'elle détient, lui permettrait de décider des gardes à vue, des perquisitions, de diriger des enquêtes judiciaires en flagrance et sur commission rogatoire des juges d'instruction, etc.

Etre une femme gendarme

Etre une femme est un plus dans ce métier où le sens du dialogue peut désamorcer certains conflits notamment familiaux. Selon le capitaine Voyer, «  lorsqu'il y a des interventions plus musclées, le fait d'être une femme peut être un atout. On n'utilise pas toujours la force, il faut savoir aussi mobiliser d'autres outils... » .

En  bref
Environ 590 hommes et femmes servent au sein des 440 équipes cynophiles de la Gendarmerie nationale :

  • 440 sous-officiers de gendarmerie "maîtres de chien" dont 2 personnels féminins (carrière jusqu’à 55 ou 56 ans) ;
  • 150 gendarmes adjoints volontaires "suppléants maîtres de chien" dont 10 personnels féminins (contrat d’un an renouvelable 4 fois).
  • 440 chiens de race "berger allemand" ou "malinois", sauf de rares exceptions.

Source www.caen.maville.com

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