Moi, Vix, chien condamné à mort... - lebergerallemand.fr

Moi, Vix, chien condamné à mort...

Moi, Vix, chien condamné à mort... Texte de Jean-Pierre Halimi

De vous à moi, je suis Vix, magnifique berger allemand de 8 ans. Je ne me souviens que de cet homme qui m'a capturé dans la rue alors que je flânais, déambulais, ayant perdu mon chemin, et mon maître, qui m'a mis à la rue.

En une heure, je me suis retrouvé prisonnier derrière des barreaux. Le seul compagnon de ce lieu est le vacarme sourd, strident, de dizaines de mes congénères, qui partagent avec moi cet enfer, ce malheur.

Après un an d'incarcération, je ne sortais que 5 mn par jour. Pas tous les jours hélas, car il fut décrété, que j'étais irrascible dangereux, pour mes congénères, et pour les hommes qui me retenaient prisonnier malgré moi. Dans toute cette détresse, le seul réconfort, venait de cet homme qui nettoyait mon box, et n'avait pas peur de moi, qui me donnait attention, caresses, et sorties...

Je maigrissais à vue d‘œil. Je n'ai pas plaisir à la sortie dans le parc.
Il fut décidé par ceux qui gouvernent ce lieu de désespoir, que j'étais devenu encombrant, implaçable, dangereux. Il fut décider de me condamner à mort le jour de l'an 2006.

Mais moi, je ne suis pas ainsi, je n'ai jamais mordu ou attaqué personne. Je suis indépendant, et pas féroce. Je veux vivre, je hurle mon désespoir à la face de Jean-Pierre.

Branle-bas de combat!

Mon pote, qui s'occupe de moi, lance des SOS dans toute la France afin de recueillir des fonds pour pouvoir me parrainer, et bloquer mon assassinat.
Plus de mille deux cent euros parviennent au refuge, ce qui me donne un sursis.
Tous les forums animaux mobilisés pour ma personne.

Hélas, le refuge malgré l'argent, donne un nouvel ultimatum. A croire qu'ils aiment que le fric. Ou je quitte ma cage vivant, en étant adopté, ou je meurs sans le vouloir.

Les nouveaux SOS réclament à corps et à cris un adoptant, une famille d ‘accueil.
Jean Pierre se démène comme un fou, et moi je m'accroche à lui, il est ma survie.
Le 17 février 2007, le miracle a lieu. Christine, petite bonne femme, douce et agréable surgit au refuge, pour me sauver la vie.

Après m'avoir stérilisé, je quitte enfin une des périodes les plus ingrates, et difficile de ma vie.

Pendant prés de 3 ans, je vécus entouré d'amour, de compagnons, de chevaux, de chaleur, et de bonne bouffe, en liberté, ce qui a de plus beau sur cette terre dirigée par des hommes dont certains ne nous respectent pas. Ma maîtresse de mon nom a créé une association de protection de mes congénères.

Après deux ans de cette belle vie, j'ai commencé à maigrir. Le veto ne trouva rien d'anormal à mon état. Foutaise, je savais que quelque chose en moi, me rongeait. J'avais perdu ma forme olympique. Mon appétit devint capricieux.
Je vis un spécialiste, et j'eus ce jour là la surprise de retrouver mon Jean Pierre, qui ne m'a pas reconnu tant je suis devenu maigre à faire peur.

Bon an, mal an, je tenais bon, je tenais à cette vie qui m'a fait souffrir avant la rencontre de ma gentille maîtresse.

Le 12 janvier de cette nouvelle année 2010, ma maîtresse adorée me porte chez le véto, qui refuse de me faire une prise de sang. Mon état empire, et je perds le goût de vivre, de manger. Je reste prostré dans un coin. Jean-Pierre mon ami, demande à ma maîtresse de me ramener chez ce véto qui a l'air incompétent, et de me faire faire tous les soins pour ma survie.

Le 13 janvier, j'ai du mal à ouvrir mes yeux. J'ai vomi, je suis las. Mon corps me lâche. Je sens mon souffle de vie me quitter. J'essaye dans un sursaut de m'accrocher à cette vie qui ne veut plus de moi. Pourtant, comme je l'aime cette vie que j'aurais dû perdre voilà trois ans.

Hélas, les miracles n'existent pas. Je m'éteins dans les bras de ma maîtresse la laissant dans la peine.

Je sais que Jean-Pierre est fou de douleur. Lui qui perd un peu de son souffle de vie à chaque fois qu un de ses compagnons se sépare de lui.

Mon dernier voyage finira dans un four, où mon corps sans douleur, sans sève, se transforme en cendre afin je reste prés de ma maîtresse.

De là où je suis, je ne peux oublier cette vie. Je retrouve tous ceux qui ont jalonné ma route et sont partis avant moi.

Le seul regret de ma vie, et de ne pas avoir pu dire encore une fois à Christine Jean-Pierre et Manon :
MERCI DE M 'AVOIR AIMÉ
JE VOUS AIME POUR L'ÉTERNITÉ
VIX
JEAN PIERRE HALIMI
www.unenouvellechance.org

vix et jean-pierre
Vix et Jean-Pierre

(Aucun commentaire)
Ajouter un commentaire