Les origines du Berger Allemand 3

 

 

Le 28 septembre 1899, le premier standard de la race est publié afin de fixer les règlements et les critères de jugement. Von Stephanitz, en insistant pour que tous les chiens travaillant sur troupeau soient admis d’office, annonce la ligne de conduite qui sera conservée jusqu’à nos jours, qui veut qu’un Berger allemand soit avant tout un chien de travail. Selon lui, « est Berger allemand tout chien de berger qui vit en Allemagne et qui, grâce à un exercice constant de ses qualités de chien de berger, atteint la perfection de son corps et de son psychisme, perfection appréciée uniquement sous l’angle de l’utilité. »

Von Stephanitz poussera également propriétaires et éleveurs à utiliser cette race en multipliant les concours de chiens de troupeau et, dès 1901, les premiers concours de chiens de police.
En 1903, le SV publie d’ailleurs les règlements pour l’utilisation et le dressage du chien de police. Von Stephanitz a compris que le Berger allemand, chien polyvalent, possédait des aptitudes utiles en de nombreux domaines, pouvant être chien sanitaire (une association est crée en 1893), mais aussi chien de l’administration (police, douane, armée).

Pendant la Première Guerre Mondiale, l'armée allemande bénéficie de l'aide de milliers de Bergers allemands qui accomplissent d'innombrables missions: sentinelles, porteurs de messages ou de médicaments, traînant les brancards jusqu’aux blessés, etc..
Parmi les 28 000 chiens utilisés pendant la Grande Guerre, l'un d'eux, Romeo, permit de sauver 37 blessés (Ortega, 1994). 

 

berger allemand guerre
Bergers Allemands secouristes, guerre 14-18

 

Au lendemain de la guerre de nombreux chiens bien dressés retrouvent la vie civile. La légende commence, les anciens combattants racontent leurs exploits. De nouveaux amateurs les rejoignent et s'aperçoivent des milles qualités de ces chiens.
C'est enfin au tour de la France de découvrir le Berger allemand. Ainsi en 1920, Georges Barais, un industriel du textile, crée la Société du Chien de Berger d'Alsace, la fin des hostilités étant trop proche pour que soit donnée au chien qu'on aime une origine ennemie...
Moins de deux ans plus tard son origine allemande est reconnue (De Wailly et Dupont, 1993).

Naissance du Berger allemand moderne

Après cette guerre, le Berger allemand, qui a fait preuve de ses innombrables qualités, est très demandé et les éleveurs le produisent en nombre pour satisfaire aussi bien leurs concitoyens que les pays étrangers de plus en plus passionnés par la race. Il s'en suit un éloignement du type, avec des chiens de plus en plus grands et hauts sur pattes, au caractère douteux.
Pour prévenir ces excès est créé en 1922 le Körbuch, livre de sélection qui complète le Livre des origines, afin de préserver les qualités de caractère à l'origine du succès de la race; y étaient enregistrés après examen par un juge, les seuls sujets aptes à la reproduction.

Von Stephanitz est particulièrement vigilant concernant le choix des reproducteurs. Ainsi au championnat de 1925, il donna le titre à Klodo Von Boxberg, un chien gris et feu plutôt petit, plus long que la norme jusque–là appréciée, au caractère bien trempé. Ce chien marque le début d'une ère nouvelle, qui voit apparaître des chiens beaucoup moins rustiques et dotés d'une harmonie physique moderne.
En quelques années, la SV passe de 10 000 à 50 000 membres, nombre exceptionnel pour l'époque (Teich Alasia, 1993).

    

Klodo von Boxberg

Le standard de la race est modifié en 1930, toujours dans le sens de l’utilité avant tout. Von Stephanitz qui s’éteint en 1933, après avoir bien servi la race pendant 34 ans, laisse derrière lui un ouvrage de plus de 1000 pages remplies d’anecdotes sur le Berger allemand.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Berger allemand va être utilisé à tous les niveaux et par toutes les armées du monde. En 1935 en Allemagne, le chenil principal est à Hummersdorf à l’école du service de renseignement de l’armée, mais bientôt chaque région possède son chenil (Ortega, 1994).
Malheureusement au lendemain de la guerre, le Berger allemand, injustement associé aux Nazis, provoque la méfiance et cesse d'intéresser les acheteurs étrangers, particulièrement les Anglais et les Américains (Teich Alasia, 1993).

C’est seulement dans les années cinquante que la race recommence à se développer.
Les successeurs de Von Stephanitz tirant les enseignements du passé, poursuivent son œuvre dans le même esprit. Il peut d’ailleurs être considéré que l’histoire moderne du Berger Allemand commence avec le Championnat d’Allemagne de 1951 et la consécration d’un sujet qui marque fortement l’évolution physique de la race: Rolf von Osnabrücker Land, chien très typé se caractérisant par des innovations morphologiques, au niveau de la puissance, du cou notamment, et de l’épaule. Un pas dans l’évolution de la race est franchi.

Rolf von Osnabrücker Land
Rolf Von Osnabrücker Land 1951

Un second tournant a lieu dans les années soixante-dix, avec l’apparition de la silhouette au dos descendant, qui lui procure une allure plus rasante ainsi que, dit-on, plus d’aisance et d’endurance dans le trot.
Cela est possible grâce à la participation de trois importants reproducteurs, très différents mais complémentaires: Canto von der Wienerau, Quanto von der Wienerau et Mutz von Peltztierfarm.
Leurs descendances croisées fixent les caractéristiques morphologiques du Berger Allemand de nos jours.

 

La fin des années soixante-dix est marquée par la seule descendance de ces trois grands étalons, et il faut attendre la moitié des années quatrevingt pour avoir de nouveau une grande révolution: l'arrivée de deux fils de Palme von Wilsteiger Land, une étonnante femelle capable de transmettre les particularités anatomiques, Uran von Wilsteiger Land et Quando von Arminius, qui domineront cette période et seront les seuls à l’origine de la race actuelle.

 

Quando von Arminius
Quando von arminius

 

Quanto von der Wienerau
Quanto von der Wienerau