Les origines du Berger Allemand

 

Premières descriptions

Les premières traces attestées du Berger allemand remontent au VIIème siècle.
Les lois germaniques punissaient d’une amende de 3 solidis, c’est à dire 38 marks environ,
toute personne qui s’était rendue coupable du meurtre d’un chien de berger.
En 1606, Konrad Gesner décrit des chiens de berger qui devaient être blancs afin que les
bergers ne les confondent pas avec les loups lorsqu’au crépuscule, ces derniers attaquaient
les troupeaux (Fiorone, 1997).


Le Berger allemand, entre chien et loup

Certains auteurs affirment qu’au Xème siècle des moines de la vallée de Munster auraient accouplé des chiens de berger avec des loups apprivoisés.
Une race nouvelle serait apparue et la sélection en aurait fixé peu à peu les caractéristiques. Mais tout porte à croire qu’il ne s’agissait pas de loups mais de chiens de berger locaux (Fiorone, 1997).

Dans son ouvrage Die Deutschen Hunde (1901), le naturaliste Strebel (cité par Teich Alasia, 1993) assure que des croisements furent pratiqués entre loups et Bergers allemands. Pendant une exposition à Dresde, il fit remarquer que chaque fois qu’un Berger allemand s’approchait des Barzoïs, lévriers chasseurs de loups, ces derniers devenaient furieux. Mais cette réaction n’est certainement due qu’à la ressemblance extérieure des Bergers allemands avec les loups.
De même Will Judy, dans son Encyclopédie du Chien (1936, cité par Teich Alasia, 1993), écrit que le Berger allemand est de la même famille que les chiens nordiques et autres Spitz, ce qui est tout à fait contestable, le premier ne possédant pas la plupart des attributs des seconds (queue enroulée sur le dos, petites oreilles, yeux obliques). D’ailleurs il est évident que les Groenlandais et les Malamutes d’Alaska sont beaucoup plus proches du Loup que ne l’est le Berger allemand, aussi bien en ce qui concerne la morphologie que le comportement.

Le même auteur rapporte qu’en 1887, Burger de Leonberg croisait encore des loups avec ses chiens de berger, pour en améliorer les performances physiques (vue, ouïe, vitesse, endurance). Mais tout porte à croire qu’il s’agissait d’une expérience isolée, sans influence sur la sélection que Von Stephanitz avait déjà commencé à entreprendre.
D’ailleurs il est raisonnable de penser que de tels croisements auraient apporté plus d’inconvénients que d’avantages en terme de travail: un caractère moins soumis, plus indépendant, plus craintif, donc moins apte au dressage.

Bien que comme toutes les autres races de chiens son ancêtre soit le loup (leurs séquences ADN ne diffèrent que de 0,2%), cette ressemblance du Berger allemand avec le loup ne provient donc pas de croisements récents entre ces deux animaux.

chien de berger

Chien de berger en Allemagne aux environs de 1830