Louis Donald nous livre son analyse sur le sujet.

Dans son analyse « The German Shepherd Dog Backline – The Facts », Louis Donald s’intéresse à l’évolution de la ligne de dos du Berger Allemand, particulièrement dans le modèle de beauté allemand sous l’influence du SV, organisme de référence de la race en Allemagne.

Une légère pente, mais un dos droit

Louis Donald rappelle que le standard allemand SV/FCI ne demande pas un dos parfaitement horizontal. Il décrit une ligne du dessus allant d’un garrot haut et long, passant par un dos droit, ferme et solide, jusqu’à une croupe légèrement inclinée. Il faut donc distinguer une légère pente de la ligne du dessus d’un dos excessivement plongeant ou courbé. Pour l’auteur, ces dernières caractéristiques relèvent d’une construction différente et ne correspondent pas à l’objectif fonctionnel du standard.

Une évolution liée à l’arrière-main

Selon Louis Donald, la modification de l’apparence de la ligne de dos est étroitement liée à l’évolution de l’arrière-main : angulations plus importantes, proportions différentes entre fémur et tibia, abaissement des articulations et modification de l’inclinaison du bassin. Un tibia proportionnellement trop long et une angulation excessive peuvent accentuer la descente de la ligne du dessus, notamment lorsque le chien est présenté dans une position très étirée sur le ring.

Cette question est importante pour une race conçue historiquement comme un chien de travail et d'endurance, dont la solidité du dos et l'équilibre général conditionnent l'efficacité du mouvement.

evolution berger allemand

Quand le ring influence l'élevage

Pour Louis Donald, le phénomène ne vient pas d'une modification officielle du standard, mais surtout de son interprétation et de ce qui est récompensé en exposition. Les grands vainqueurs, notamment les Sieger, deviennent des références pour les éleveurs. Leurs caractéristiques sont reproduites et finissent progressivement par devenir le modèle recherché.

Il résume ce mécanisme par une idée simple : « Ce qui gagne devient recherché. Ce qui est recherché est reproduit. Ce qui est reproduit finit par être considéré comme normal. »
La présentation très étirée, le double handling et la recherche d'une allure spectaculaire peuvent également accentuer visuellement certaines caractéristiques. Louis Donald précise néanmoins qu'il ne considère pas tous les Bergers Allemands modernes de beauté comme excessivement angulés ou présentant un dos problématique. Son propos concerne une tendance générale qu'il estime préoccupante.

Le standard doit rester la référence

C'est finalement le point central de son analyse : le problème ne serait pas fondamentalement le texte du standard, mais la manière dont il est interprété et appliqué. Pour lui, la sélection devrait continuer à privilégier l'équilibre, la solidité, l'anatomie fonctionnelle et l'efficacité du mouvement, plutôt qu'une silhouette devenue progressivement spectaculaire.

Sa conclusion résume parfaitement sa position :
« Le standard de la race devrait déterminer ce qui gagne. Ce qui gagne ne devrait pas déterminer comment le standard est interprété. »
— Louis Donald

Qui est Louis Donald ?

Louis Donald est une personnalité expérimentée du monde du Berger Allemand. Australien, il s'intéresse à la race depuis 1962 et a consacré plus de six décennies à l'élevage, au jugement et à l'étude de son anatomie et de son mouvement.

Il a notamment été juge SV, sélectionneur et formateur, et a dirigé pendant de nombreuses années le German Shepherd Dog Council of Australia. Il est également l'auteur de plusieurs ouvrages de référence consacrés au Berger Allemand, dont The Definitive German Shepherd Dog.

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Source : Louis Donald, « The German Shepherd Dog Backline – The Facts ».

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